Notre voyage en voilier

Notre voyage en voilier

2011-04-28 On change de Caroline...

JOUR 16 – VERS LE SAGUENAY

INTRACOASTAL – De Charleston à Georgetown (Caroline du sud)
Lundi le 25 avril 2011
Vents : Très faibles, sud-est 5 nœuds
Température : 32oC – Ensoleillé, ciel bleu, très chaud
Distance parcourue :  58.4 mn (départ à 7h, arrivée à 17h15)
Position : N 33 22.013  W 079 17.163

Bonjour tout le monde,

C'est la mousseline qui vous parle J.  Ca fait vraiment longtemps que nous n'avons pas eu un bon signal Internet, c'est pourquoi ce blog-ci sera plus volumineux.  J'ai pas mal de chose à vous raconter alors, installez-vous confortablement pour faire cette lecture.

Nous venons de passer deux jours magnifiques à Charleston, la plus vielle ville de la Caroline du Sud.  On y sent d'ailleurs encore l'histoire des « sudistes » de l'époque ; les drapeaux américains flottent partout, les boutiques regorgent de livres historiques relatant la guerre de sécession et l'architecture de l'époque a été conservée.  Les édifices sont magnifiques, les quartiers abondent de belles et grosses résidences avec piliers et colonnes blanches et les arbres sont gigantesques ; mettons qu'ils n'ont pas été plantés hier…

Ca vous rapelle des souvenirs ???

Magnifique jardin aux parfums variés

 

Quelle architecture !

Résidence privée où je me suis permis d'emprunter les escaliers 

Nous avons passé presque toute la journée d'hier à marcher dans les rues de Charleston et avons pu « goûter » cette ville de par ses rues pittoresques bordées d'arbres à fleurs magnifiques et odorants, des chevaux et carrioles qui déambulent avec les touristes à leur bord, de ses boutiques variées, restaurants et terrasses, des églises bondées de belles personnes endimanchées (Pâques étant religieusement une priorité ici) ; bref, une journée bien remplie et une ville que nous prendrons plaisir à nous souvenir.

Cette petite voiture est dans les goûts de mon amoureux... et surement de celle de Gérard-Marie Doucet !

J'ai bien essayé de faire un tour mais mon tchum n'est pas d'accord du tout.  Sentir le cul du cheval pendant une heure, non non et non !

Un petit dîner d'huîtres fraiches et une pizza aux crevettes, humm

Un peu grand pour lui, non ?

Ça lui va bien ce nouveau look n'est-ce pas ?

Magnifique blonde...

 

Aujourd'hui, nous quittons Charleston à 7h et naviguons vers Georgetown.  Nous n'avons que 6 milles à faire pour se rendre à un pont que nous devons faire ouvrir.  Cependant, il reste fermé de 6h à 9h pour satisfaire les besoins des terriens en voiture...  À 8h, nous sommes déjà rendus à proximité du pont.   Réjean décide donc de mouiller l'ancre en bordure de l'Intracoastal et nous attendons que l'heure avance… On en profite pour déjeuner et prendre le café.  Le matin est très doux et confortable.  Le soleil brille et les grues se baladent lentement sur la rive en nous regardant. 

L'un des nombreux ponts que nous devons faire ouvrir.

9h : Nous passons le pont et débutons alors notre navigation dans un Intracoastal tranquille.  Il n'y a aucun vent, la température est déjà à 27oC, ça promet !  Nous avons plus de 58 milles à parcourir pour arriver à destination. 

12h15 : Nous naviguons dans un Intracoastal sinueux et peu profond, environ 9 ou 10 pieds d'eau.  Je suis en train de lire mon roman, bien appuyé sur le dosseret rembourré bleu lorsque j'aperçois des vagues s'abattre contre la coque… bizarre, je relève la tête et au même moment L'Interrompue s'immobilise… Mon capitaine a les yeux tous ronds et, malgré toute la vigilance que je lui connais, il me dit qu'on vient de s'échouer !   Cet Intracoastal viendra-t-il à bout des nerfs de mon capitaine ?  Certainement pas mais cette navigation n'a rien de rassurant et je sais que mon Capi rêve aux centaines de pieds d'eau de notre Saguenay.

Bon, pas de panique ; avec tout le calme que je lui connais dans ces moments critiques, il met le bateau en marche arrière le gaz au fond, puis en marche avant, et encore en arrière, etc…. après 3 ou 4 minutes, nous sentons L'Interrompue qui se remet à flotter.   Derrière nous, il y a une grosse barge qui vient et devant aussi… il faudra « rencontrer », ce qui signifie que nous devrons longer la rive tout en essayant de « deviner » où se situe la profondeur de l'eau pour ne pas s'échouer une deuxième fois.  Je retiens mon souffle le temps où l'énorme barge nous croise et finalement, tout se passe bien J.  (Je me sens bien impuissante devant le stress que subit mon Capi,)

Barge très large qui nous force à s'écarter près de la rive

La navigation d'aujourd'hui n'a rien de bien plaisant pour quiconque est aux commandes d'un bateau.  Ce coin de la Caroline du Sud est tout aussi désertique, long et pénible à naviguer que la Georgie.  Selon le GPS, l'heure d'arrivée à Georgetown est estimée à 18 heures.  Nous déroulons et enroulons le génois selon les caprices de monsieur Éole et je vous assure qu'il est d'humeur changeante !

I

Les rencontres sont rares…. Voici un beau pélican qui nous regarde passer

Grâce à un courant qui nous a été favorable, nous sommes arrivés à Georgetown à 17h15 où nous retrouvons nos amis de Gaïa et le Mousse ; René nous offre de se mettre à son épaule et nous acceptons.  C'est avec grand plaisir que je sers une bonne « frette » à mon Capi favori et nous prenons l'apéro sur notre pont, René et Guylaine sur le leur et on parle de notre journée de navigation. 

Ce soir, nous soupons avec nos amis de Gaïa et du Mousse VI, sur la terrasse du petit resto/bar qui longe le quai de notre mouillage.  Nous dormirons deux nuits ici.  Demain sera jour de commissions : nous devons faire le plein de diesel, d'eau, de propane et d'épicerie.  La ville est à environ 2 milles, ce qui est bien parfait ; nous combinerons l'exercice à l'exécution de nos tâches.

La mascotte du restaurant – Cet oiseau mange des biscuits soda !!!

 

JOUR 17 – VERS LE SAGUENAY

INTRACOASTAL – De Georgetown (Caroline du sud)
Mardi le 26 avril 2011
Vents : Très faibles, sud-est 5 nœuds
Température : Entre 23oC et 29oC, selon les orages et les percées de soleil
Distance parcourue : Aucun déplacement
Position : N 33 22.013  W 079 17.163

On a dormi comme des bébés ; les moustiquaires étaient en place, empêchant les affreux « no see ems » (minuscules insectes qui piquent) et maringouins de faire leurs attaques.   Nous avons eu une nuit calme, bien appuyé sur l'épaule du gros Mousse.

On se réveille vers 7h15, on voit le soleil briller par l'écoutille. Le temps change et rapidement à part ça.  7h45, nous avons un petit orage… le ciel est gris et le temps risque d'être pluvieux toute la journée. 

Nous partons vers 11h, avec nos chariots, les bombonnes de propane à faire remplir, les manteaux de pluie et le parapluie en direction du dinghy dock.  Malgré le temps pluvieux du matin, la chaleur est tout de même présente, il fait 28o  Il y a présentement une éclaircie et un coin de ciel bleu vient timidement se pointer laissant au soleil le droit de nous chauffer. 

Nous marchons dans les rues de Georgetown que nous connaissons déjà grâce à notre arrêt en octobre dernier.  Nous nous dirigeons donc vers la station où nous pourrons faire emplir les bombonnes de propane.  À ce moment, un camions rouge de style « pick-up » s'arrête et nous offre de nous emmener…  Coudon, pas moyen de marcher, la gentillesse des habitants du coin nous convainc et on accepte de monter à bord.  L'homme d'une trentaine d'année, très courtois et habillé en employé de bureau nous raconte qu'il est lui-même propriétaire d'un bateau de pêche et qu'il sait très bien ce que comportent les arrêts en cours de navigation.  Tout en roulant dans les rues, j'aperçois René et Guylaine à vélo, arrêtés à l'intersection du boulevard.  Nous les saluons de la main en passant tout en leur offrant notre plus beau sourire.  L'expression de leur visage semble dire « que font-ils dans cette camionnette ces deux là ? ».   L'homme du camion nous largue à la station d'essence et nous le remercions de sa gentillesse.  C'est à ce moment que nos amis cyclistes nous rejoignent et on leur explique qu'il est bien difficile de faire de l'exercice dans cette ville J.

Nous continuons notre marche vers l'épicerie « Food Lion » qui se trouve à 1.3 mille de la station de propane.  Le ciel est à nouveau couvert mais les risques de pluie sont faibles.  Selon le thermomètre du village, il fait 82oF… Ah ces américains et leur système impérial !  En marchant dans les allées du supermarché, j'arrive face à face avec Louis et Nadine (Gaïa).  Sans le savoir, nous avions le même programme.  Faisant le même genre de voyage, il devient évident de se retrouver dans les mêmes endroits !  Nous faisons nos emplettes et repartons le chariot à roulette de West Marine plein au rebord.  Nous faisons la route en sens inverse et arrêtons à la station de propane chercher nos bombonnes qui nous attendent sagement.  L'employé, un vieil homme de race noir au sourire d'un blanc immaculé, se déplace à pas de tortue (on se croirait encore aux Bahamas ma parole) et ouvre le grillage et nous reprenons nos bonbonnes.  

Le ciel est tout gris et l'orage menace encore de tomber.  Nous pressons le pas espérant arriver avant le déluge évident…  Nous marchons, Réjean devant, moi derrière, chacun avec nos chariots plus que plein.  C'est alors que j'aperçois le chariot que traine Réjean (un super modèle rétractable en plastique résistant, avec deux jolies roues de marque West Marine, garantit un an)  perdre une de ses deux roues ! Ouais ouais, c'est plutôt garantit qu'on aurait dû acheter un modèle plus résistant).   Prévoyant comme à son habitude, Réjean sort son outil multi-usages de son sac à dos pour faire une réparation de fortune.  Après quelques minutes de travail, la roue est à nouveau en place et nous reprenons le chemin de la marina.   La réparation n'aura pas durée longtemps, moins de 500 pieds plus loin, la roue est à nouveau sortie de sa cavité !  Ne pouvant faire une meilleure réparation et patient comme tout, Réjean passera le reste du trajet à mettre et remettre la roue jusqu'à notre arrivée au quai des annexes J.

Nous arrivons juste à temps, Réjean s'empresse de mettre nos achats dans l'Écho II pendant que je cherche un endroit pour remplir d'eau nos bouteilles de plastique vide.  Vite, le ciel gronde et l'orage va tomber…  Les premières gouttes d'eau tombèrent au moment même où nous arrivâmes sur L'Interrompue.  On entre tous nos achats en vitesse, on installe Lucie (la porte en plexiglas) et voilà l'orage qui éclate…

14h – Je nous prépare un petit goûter constitué d'olives, fromage, salsa et tostitos et de succulentes fraises juteuses et naturellement sucrées.  Mon capitaine s'installe à l'ordinateur pour préparer la prochaine navigation.  Pendant ce temps, je traverse sur le Mousse, de qui nous sommes toujours à l'épaule, pour disputer une ou deux parties de scrabble avec Guylaine.  René m'offre un verre de vin rouge, ce qui agrémente joliment l'après-midi pluvieuse et plutôt fraîche.  La température est descendue à 23oC.  

Vers 16h, Réjean viendra nous trouver sur le Mousse avec l'idée bien arrêté d'essayer de trouver de quoi souffre la génératrice Mousse VI ; elle est en congé maladie depuis Ste-Augustine, obligeant ainsi René à monter son ancre avec son jus de bras.  Les deux comparses nous quittent pour la chambre mécanique et quelques temps plus tard, on entendra le son de la génératrice qui, de toute évidence, a été guérie par le Dr Desmeules en personne J  René a le sourire fendu jusqu'aux oreilles et mon mécanicien me fait un clin d'œil de satisfaction.

18h15 : Nous retournons sur L'Interrompue après avoir passé un très bon moment avec nos amis. Je prépare le repas pendant que Réjean termine sa navigation.  Le temps s'est éclairci et nous pourrons manger dehors.  En plus, il y a un petit vent qui vient chasser toutes les bestioles qui piquent et qui sont des plus désagréables.  Au menu ce soir, salade d'épinards, pomme de terre déshabillées (pas en robe de chambre car je les ai pelées) et steak New York sur BBQ.  Un décile que nous accompagnons d'un Shiraz Californien.

La soirée se terminera avec le visionnement d'un de nos film fétiche « Crusing Bar 2 ».

 

JOUR 18 – VERS LE SAGUENAY

INTRACOASTAL – De Georgetown à Little River (près de Myrtle Beach) Caroline du sud
Mercredi le 27 avril 2011
Vents : Sud 15 nœuds
Température : 29oC – Ensoleillé et passages nuageux
Distance parcourue : 55.4 mn (départ à 7h – Arrivée à 17h15)
Position : N 33 52.367  W 078 34.213

Mise à part les bruits nocturnes de l'usine près de notre bateau, tout a été d'un calme plat.  Debout en sursaut à 6h50.  J'entends le moteur ronronner, déjà !!!  Il était pourtant entendu que le départ serait vers 7h30 afin que nous escortions Gaïa jusqu'au pont fixe qui se trouve à environ 3 milles de notre mouillage.  Le tirant d'air est suffisamment inquiétant pour justifier que nous passions avant eux afin de vérifier la hauteur libre.   Je m'habille en vitesse et rejoins mon capitaine dehors. 

Nous naviguons à pas de tortue afin que Gaïa puisse nous rejoindre ; ce qu'ils firent rapidement.  Nous avançons donc vers le pont et je sors les lunettes d'approche pour vérifier l'échelle indicatrice de la hauteur libre sous pont.  Je ne vois rien, en fait, il n'y en a pas.  Réjean vérifie à son tour pour arriver à la même constatation.  Nous informons Gaia que nous passerons lentement le pont et vérifierons de visu s'il semble y avoir suffisamment d'hauteur pour les laisser passer.

Gaïa s'approche très très lentement du pont, Nadine assise sur le bout de la coque avant, vérifiant d'un œil aguerri le haut de leur mât.  Nous retenons notre souffle pour eux… Réjean surveille au travers des lunettes et constate qu'il y a environ 12 pouces de libre entre leur mât et le pont.  Nadine nous confirme qu'ils sont passés et que tout a très bien été.  C'est à ce moment qu'ils nous rejoignent, nous dépassent et nous quittent pour le reste de la navigation.  On les reverra à notre mouillage en fin de journée.

9h – Je suis à la roue pendant que Réjean fait quelques écritures sur son ordinateur.  Le Mousse VI fait alors son arrivée par derrière, majestueux de sa grosseur, avec sa belle moustache causée par un Intracoastal pas très propre.  Il nous rejoint, me salut de la main, nous dépasse et file devant.  Nous le rejoindrons également en fin de journée.  Finalement, nous sommes les plus lents du groupe J.

Midi : La navigation d'aujourd'hui se fait voile/moteur, nous avons un vent arrière.  L'Intracoastal est très sinueux, ce qui justifie plusieurs empennages, ma participation à titre de mousseline est donc très souvent sollicitée.  Les nuages de ce matin se dissipent laissant place à quelques percées de soleil et à un temps très chaud, 30oC.  De part le paysage fournis en feuillus et parsemé de quelques conifères, on a parfois l'impression d'être au Québec, sur la rivière Valin. 

Paysage de l'Intracoastal d'aujourd'hui

Le reste de la journée a été très agréable et joli à regarder. Nous avons croisé un gros terrain de golf doté d'un téléphérique (ce qui est plutôt rare) et longé les rives parsemées de belles maisons. Nous avons eu trois ponts à faire ouvrir et n'avons eu aucune attente.  La surprise de l'après-midi fut de croiser un autre crocodile qui traversait tranquillement la rivière J. 

Ce téléphérique permet aux joueurs de traverser la rivière. – Remarquez les supports extérieurs pour y déposer les sacs de golf !  Nous avons une pensée pour nos amis golfeurs Louis et Dominic J

Nous arrivons à notre mouillage de Little River à 15h15. Gaïa et Le Mousse VI sont déjà là depuis plus d'une heure.  Les vents annoncés pour ce soir sont d'environ 20 nœuds avec des rafales variant de 25 à 30 nœuds. Nous sommes mouillés solidement mais pas trop à l'abri du vent, dans la Little River.  Tout devrait donc bien se passer.

Nous soupons vers 19h d'un excellent bœuf bourguignon qui, en toute modestie et d'après mon amoureux, n'est pas piqué des vers… Nous accompagnons cet excellent repas d'un bon Shiraz d'Afrique du sud.

Il y a beaucoup de courant à notre mouillage et L'Interrompue ne cesse de tourner sur lui-même.  Notre ancrage est très solide alors nous devrions passer une bonne nuit, malgré le vent qui souffle pas mal fort.  Le GPS demeurera allumé toute la nuit, tout près de l'oreiller de Réjean.

Bonne nuit …

JOUR 19 – VERS LE SAGUENAY

INTRACOASTAL – De Little River, Caroline du sud à Pipeline canal, Southport Caroline du nord
Jeudi le 28 avril 2011
Vents : Sud 20/25 nœuds avec rafales à 30 nœuds  
Température : 28oC – Nuageux / Avertissement de vents violents 58 m/h (tornade) et d'orages en PM
Distance parcourue : 27.7  mn (départ à 7h – Arrivée à 11h45)
Position : N 33 55.569  W 078 03.469

La nuit a été relativement calme, notre ancrage était très solide même si les vents ont soufflé toute la nuit.  Il y a tout de même eu quelques vérifications de « visu » qui se sont faites pendant la nuit.

Debout à 6h30, le ciel est très gris et le vent toujours présent.  Notre spécialiste météo désignée « Nadine » nous confirme par VHF que le bulletin météo de ce matin annonce toujours des orages violents, avec des vents de 25 à 30 nœuds pour cet après-midi.  Nous ferons donc une courte navigation dans l'Intracoastal, où le vent est beaucoup moins important et irons nous abriter à Pipeline Canal, Souhtport, pour y passer l'après-midi et la nuit.  Ce mouillage, fortement recommandé dans nos guides, est utilisé par les navigateurs locaux (et autres) comme protection contre les ouragans.  Nous y serons donc très bien à l'abri.

Mon capitaine lève l'ancre à 7h et constate que le courant est toujours aussi fort.  Je suis à la roue et avance lentement et prudemment car le chenal n'est pas large et les risques d'échouement sont grands.  Réjean termine ses manœuvres et revient prendre les commandes de L'Interrompue.  Je m'active alors à préparer le déjeuner que nous avalons, comme le veut notre habitude, en cours de navigation.

Réjean et son déjeuner

Bernaches sur le chemin du retour au Québec - Nous les invitons à bord mais elles déclinent notre offre et préfère se rendre à coups d'ailes J

Le Mousse VI, qui avance plus vite que nous, part toujours plus tard le matin et arrive toujours le premier à destination.  Il agit en éclaireur, nous avisant si tout est correct ou si l'on doit poursuivre notre route vers un nouvel endroit J.  11h30 : Nous arrivons donc à l'embouchure du canal qui nous mènera à notre mouillage de Pipeline Canal. 

MOT DU CAPITAINE

Je vérifie le guide sur la manière d'entrer dans ce petit havre. Il faut serrer à l'ouest car il y a des bancs de sable et une digue submergée.  Ensuite il faut avancer 200 verges et mouiller dans 8 pieds d'eau.  En se présentant dans l'embouchure, nous touchons le fond.  Je mets marche arrière et sort de l'impasse.  Gaïa nous conseille de serrer encore plus à l'ouest mais ce n'est pas mieux.  Je fais une troisième tentative mais on s'échoue encore.  Le Mousse qui a un tirant d'eau de 4,5 pi est entré mais il a touché fond.  Comme la marée de 4 pieds a déjà commencé à monter, je persiste une dernière fois mais au centre du canal faisant fi de toutes les recommandations.  Ce sera la bonne car L'Interrompue avance lentement en grattant le fond de sa quille et le sondeur indiquant moins de 6 pieds.  Mais croyant que tout irait pour le mieux, la quille touche un très haut fond assez violemment pour arracher un cri de la mousseline.  Le bateau s'incline sur le devant et passe la bosse.  On se retrouve dans 6 pieds d'eau et nous réussissons à mouiller entre nos deux amis.  Pour Hélène, c'est comme un accouchement, pénible et stressant.  Pour moi, je n'avais qu'à attendre la marée et je serais arrivé.  Pour quitter demain, j'ai tout vérifié et si nous quittons à 7 heures, j'aurai 4 pieds d'eau de plus que maintenant, ce qui sera parfait !

 

Bon, maintenant que sommes à l'abri, l'orage peut cracher son venin…. mais elle tarde à venir et le soleil se pointe le bout du nez ; le vent est par contre constant et souffle à s'époumoner ; peut-être chassera-t-il définitivement les orages annoncées, on verra bien.  La radio AM/FM émet un avertissement de tornade en vigueur pour cet après-midi et invite la population à la prudence.

Nous avons fait le bon choix en s'abritant ici, bien ancré dans notre « hurricane hole ».  Nous passerons l'après-midi pénards ; on s'occupera à faire tout ce qu'on a jamais le temps de faire comme, par exemple, Réjean pourrait faire l'installation de notre nouvelle radio/lecteur CD qui traine depuis plus notre arrivée en Floride, compléter le tableur Excel pour évaluer la consommation de diesel ou simplement profiter de ce congé de navigation pour relaxer un brin… le connaissant assez bien, je parie qu'il travaillera à plusieurs de ses projets.  

Nous quitterons demain vers 7h, avec la marée haute svp, merci… en direction de Wrightsville Beach.

À la prochaine !

 



28/04/2011
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