Notre voyage en voilier

Notre voyage en voilier

2010-10-29 Elizabeth City et l'émotion

JOUR 114 VERS LES BAHAMAS

Intracoastal Waterway – Elizabeth City (Caroline du Nord)

Vendredi, le 29 octobre 2010  Température à 8h ce matin 14oC Ensoleillée
Vents : Nord/ouest à 20 nœuds avec rafales à 25/30 nœuds.
Distance parcourue : 0 mn  Total depuis notre départ de La Baie : 1,271.0 mn
Position : Toujours N 36 17.8  W 076 13.1

Bonjour, c’est la Mousseline qui vous parle J

6h45 am : C’est le rendez-vous sur la VHF avec les bateaux Maturin et Al Raso.  Les deux catamarans ainsi que trois autres voiliers décident de partir, malgré les vents forts annoncés.  Depuis notre navigation en mer en flottille (moment où je me vomissais le cœur, vous vous souvenez ?), nous sommes beaucoup plus vigilants en ce qui concerne « nos » besoins et nous décidons de suivre notre instinct, nous restons à quai aujourd’hui.  Nous nous sommes promis de faire un voyage sécuritaire et agréable alors, pourquoi partir dans des conditions où nous ne serons pas confortables ?  On souhaite donc bon voyage à la flottille et on retourne au chaud sous les couvertures.

La nuit passé, vers minuit, le thermomètre de la couchette indiquait 24,5oC, mettons que c’était chaud et collant.  Vers 4 h du matin, le vent s’est levé et la température a chutée drastiquement.  En un rien de temps, le thermomètre est descendu à 14oC, tout un changement.  Sournoisement, le front froid venait d’arriver à Elizabeth City.  Dès qu’on s’est mis le pied en dehors du lit, on a eu d’affaire à sortir les jeans, gilet chaud, bas et espadrilles.  Tout un changement avec la canicule des derniers jours.

Étant donné que nous ne quittons pas aujourd’hui, nous avons donc une journée « boni ».  Nous irons donc visiter le Musée Albemarle qui, d’après la dame de l’information touristique, vaut le détour.  Nous irons ensuite faire une petite brassée de lavage, histoire d’enlever les dernières épines de cactus qui dorment bien tranquillement dans les jeans de Réjean et acheter un nouveau bac de plastique pour ranger mes vêtements ; il n’a pas tenu le coup et s’est mis à craquer et casser de partout.  Cette fois nous achèterons du Rubbermaid, espérant qu’il sera plus résistant.

Nous espérons partir demain, samedi, si le vent le veut bien car il faut rattraper la chaleur au plus vite et nos amis qui sont devant J. 

Mot du navigateur

Mercredi, on prévoyait une température pire que mardi. Donc, nous sommes restés à quai. Mais il a fait super beau. Jeudi, on prévoyait des orages violents et de la pluie. Il a fait beau comme ce n’est pas possible. La météo maritime prévoyait des vents de 15 à 20 nœuds et des rafales à 25 nœuds pour aujourd’hui. Ce matin tout se confirmait. Le froid est arrivé et les vents se sont fait sentir. J’ai décidé de rester et attendre une journée. Tôt ce matin, la météo confirmait la mauvaise température. Malgré tout, la flottille est partie quand même. J’ai maintenu ma décision.

Pourquoi ? La profondeur de l’eau est d’environ 12 pieds. Les vagues étaient prévues d’atteindre 3 pieds. On peut dévier de la route facilement et l’échouage est possible. À 30 milles d’ici, il y a un pont qui n’ouvre pas si les vents sont trop forts et il n’y a pas de mouillage avant 50 milles. Alors nous restons. Ce qu’il faut savoir, c’est que l’Intracoastal Waterway ici est une large baie exposée aux vents. Pour retrouver la sécurité de la voie navigable, il faut entrer dans la rivière Alligator, alors nous pourrons naviguer malgré de grands vents.

Bon, j’aimerais maintenant vous partager un moment d’émotion très fort que j’ai eu hier soir en préparant le souper.

Notre bateau est amarré au quai, donc juste à côté de la promenade, là ou les villageois viennent marcher tout en regardant les bateaux.  Il faisait presque nuit, la lumière éclairait ma petite cuisine et j’étais en train de préparer le repas à l’intérieur.  L’écoutille était grande ouverte, ce qui permettait au gens de jeter un petit coup d’œil rapide à l’intérieur.  Un jeune couple avec leur trois petits enfants se promenaient et se sont arrêtés pour regarder notre bateau.  La fillette me demande si je suis debout sur mes pieds dans le bateau ?  Elle semble vraiment étonnée que l’on puisse marcher bien droit à l’intérieur. Ils nous disent que nous avons un très beau bateau et qu’il nous trouve chanceux de pouvoir y vivre et voyager ; ce qui semble être un rêve inaccessible pour eux.  Ils semblaient envieux et en même temps, heureux pour nous.  Nous avons échangé quelques mots et ils sont repartis, en retournant la tête plusieurs fois pour regarder le bateau qu’ils trouvent vraiment à leur goût.

Après leur départ, je suis retourné à mes chaudrons et j’ai réalisé (à nouveau, encore et encore) que c’était vrai, que nous étions vraiment chanceux et privilégiés de pouvoir faire ce voyage sur L’Interrompue. 

Lorsque Réjean est sorti de la douche, je lui ai servi un verre de vin et j’ai levé mon verre pour faire un tchin tchin.  En fait, j’étais incapable d’ouvrir la bouche pour exprimer à quoi je voulais lever mon verre.  J’étais très émue et j’avais les larmes aux yeux.  J’ai fini par lui dire que je levais mon verre à nous et la chance que nous avions de faire ce merveilleux voyage, ensemble, sur notre petit bateau de 30 pieds.  Depuis  notre départ, nous rencontrons beaucoup de navigateurs et la plupart ont de très gros bateaux, souvent  neufs, spacieux et luxueux.  On a parfois le syndrome du voisin gonflable...parfois, j’ai tendance à oublier la chance que j’ai… mais ce n’est que de courts instants.  Je remets vite les pieds sur terre et je remercie le ciel de me permettre de vivre un si beau voyage avec mon amoureux.  Même si nous avons toujours le plus petit bateau du mouillage, je suis toujours la plus heureuse à me retrouver dans la petite couchette dans la pince le soir venu.  Vous connaissez la chanson de Céline Dion : Quand, je m’endors contre ton corps, alors je n’ai plus de doute…   Le bonheur se trouve dans les petites choses, lesquelles prennent alors une dimension incommensurable.

 

Photo prise ce midi

Je vous laisse avec cette photo de nos amis du Al Raso

La famille du catamaran Al Rasol lors du 5 à 7 sur L’Interrompue – De gauche à droite : Alysson, Hélène, Martin, Tristan, Réjean et Édith

Cette belle famille est parti le 7 juillet dernier de La Baie, comme nous.  Ils vivront sur leur catamaran pour les 5 prochaines années et iront voir le monde ! 



29/10/2010
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