Notre voyage en voilier

Notre voyage en voilier

2010-07-20 - De Neuville à Trois-Rivière - Démâtage du voilier

2010-07-19-lundi - De Neuville à Trois-Rivières.

Bonjour, ici le capitaine. Ce matin, c’est un départ de Neuville. Le vent qui soufflait très fort hier s’est calmé et a fait place à la pluie. Le défi, aujourd’hui, est de passer les rapides de Richelieu. Pour ce faire, il faut partir une heure après la marée basse à Neuville afin de profiter du courant de flots qui annule le courant du fleuve à cet endroit. Comme le fleuve est rétréci, le courant augmente facilement jusqu’à 6 nœuds et notre bateau avance à 6 nœuds. Aussi bien dire que l’on risque de faire du sur place. Les rapides de Richelieu sont situés juste après Portneuf à 3 heures de Neuville en amont.

Comme je préfère toujours partir en avance qu’en retard, j’ai décidé de quitter à la marée basse à 10 heures plutôt qu’à 11 heures comme recommandé.  J’aurai donc un peu plus de courant dans le nez. Mais je me méfis de la profondeur d’eau de la marina. La veille, à la marée basse, le sondeur indiquait 5,8 pi sous la coque et j’ai mesuré avec une perche qui confirmait le tout. Alors en quittant le quai ce matin, j’ai 5,8 pi au sondeur et je longe les bateaux pour être plus sûr d’avoir de l’eau. Cependant, en tournant le bout du ponton, la quille plonge dans la vase et immobilise le bateau. Je donne de l’accélérateur et il reprend sa progression. Juste avant de tourner pour sortir entre les deux murs de pierres des brise-lames, la quille se pique encore dans la vase mais je fais tourner le moteur plus vite. Tranquillement, le bateau arrive à la sortie et finalement, le sondeur passe de 4 à 8 puis 10. Je pense que c’est gagné. Je me doutais que cela pouvait arriver mais il n’y avait pas vraiment de danger car la marée allait monter et à 11 heures, heure de départ recommandée, il y aurait eu de l’eau. Bon, la prochaine fois, je serai plus patient.

Je finis par amener le bateau dans la voie maritime où les 40 à 70 pieds d’eau sont la règle. La température est maussade. Il pleut. Mais je trouve cela agréable de voir passer d’autres bateaux et surtout de ne pas se faire brasser dans la vague. 

C'est alors que je vois un magnifique caboteur de 50 pieds avec le drapeau américain à l'arrière.  Le capitaine a pris la peine de sortir pour me saluer et je lui rendi son salut.  Juste un peu plus tard, j'aperçois un navire beaucoup plus gros, c'est quand il approche que nous réalisons qu'il s'agit de la "American Coast Guard" que fait-il donc dans nos eaux canadiennes ?  Serait-il en train de poursuivre le capitaine américain sympathique de tantôt ???

 

Hélène réussit à dormir encore sur le banc... La pluie cesse et le paysage défile lentement. Nous entrons dans les rapides de Richelieu et tout se passe bien. Je conserve une vitesse sur le fond de 5.4 nœuds et sur l’eau de 6 nœuds.  Le soleil sort des nuages et alors que je faisais une sieste dans mon Mustang, la chaleur m’a réveillé.

Nous avons continué ainsi jusqu’à Batiscan. Il est 16 h 30. À la vitesse de 5,5 nœuds sur le fond, et avec la distance qui reste à parcourir, j’estime l’arrivée à Trois-Rivières à 19 h 30. Nous décidons de continuer. Malheureusement, le courant du fleuve devient plus fort, si bien que la vitesse descend à 4 nœuds. Donc une arrivée vers les 20 heures. C’est faux, car près de Trois-Rivières, la vitesse du courant est de 3 nœuds et nous n’avançons plus qu’à 3 nœuds sur le fond. Si bien que c’est à 20 h 30 que nous entrons dans la marina. L’accueil est très professionnel. Vers 21 h 30, nous commençons le souper après avoir rejoint Danyèle de St-Alexis. Ma belle-sœur et mon frère, ne pourront pas venir nous saluer.

Subitement, Hélène décide d’installer les moustiquaires, alors que nous terminions le souper. C’est ainsi que pour 2 ou 3 malheureuses mouches, ce sont les poissons qui ont terminé la bouteille de vin.

Mardi, le 20 juillet - Démâtage du bateau.

Ce matin, mardi, c’est le démâtage du bateau planifié pour 10 heures. J’ai planifié cette opération depuis quelques jours. C’est une opération délicate et je suis quelque peu stressé.

Je me lève à 7 heures et la mousseline me suit de près. La priorité n’est pas le déjeuner, alors au travail. Je débranche tous les fils électriques. Je sors le fil du radar. Nous enlevons les deux voiles et les plions.

J’enlève la bôme, les écoutes, j’attache les drisses, je fixe les supports de bois et je pense toujours à comment fixer un point de support pour le crochet de la grue. Avec l’aide d’Hélène, je réussi à placer un cordage tel que stipulé dans le cours de matelotage des ECP, ce qui correspond au plan A. Si ça ne fonctionne pas, je prends le plan B, qui sera de faire monter quelqu’un dans le mât. Cette personne sera la mousseline, car considérant son poids et le mien et considérant sa force et la mienne, ce sera plus facile. Mais elle aura une peur à vaincre.

Nous accostons le bateau au quai de la potence et attendons le préposé à la grue. Je lui explique mon plan et nous faisons chaque étape lentement afin d’éviter tout accident. L’opération est un succès avec le plan A. Après 1 heure, le mât est couché. Il me reste donc encore un autre 2 heures à travailler sous le soleil de plomb pour le fixer et attacher tous les haubans et fils. Même le bimini reprend sa place au grand plaisir de la mousseline.

Je respire beaucoup mieux et, après un léger goûter, je me tape une sieste de 2 heures sur le banc, sous le bimini.

Et pourquoi émasculer ce bateau, demanda Jean-François? L’é-mât-sculation du bateau est nécessaire pour remonter la rivière Richelieu qui mène au lac Champlain. Sur cette rivière, il y a des ponts qui sont trop bas pour des bateaux qui ont un tirant d’air supérieur à 25 pieds. Alors imaginez le membre de L’Interrompue qui mesure 45 pieds. Nous remettrons le mât seulement que dans la rivière Hudson après le lac Champlain.

Demain, nous devrions entrer dans la rivière Richelieu et nous vous parlerons des écluses.

La Capi



21/07/2010
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